 | Himba la rouge
|  | Le kaokoland est sa terre d’adoption. issue de la région des grands lacs, elle vient du nord et garde de ce long voyage d'entre les siècles, le maintien altier et la taille élevée de ses frères massaï. le nom "himba" qui signifie mendiant fut infligé à son peuple pour avoir refusé la domination extérieure et sa modernité. préférant durant ces guerres fratricides et coloniales se retirer sur des "terres lointaines" hostiles et délaissées pour vivre au rythme de la transhumance de son cheptel. "himba la rouge" cultive sa différence et perpétue au quotidien culture et tradition. le visage et le corps rougeoient sous l’hématite conférant un sentiment d’harmonie entre elle et la terre, servant de protection minérale mélangée de graisse animale, vitale pour un peuple dont l’eau est prohibée pour le nettoyage des corps. la couche protectrice éloigne les insectes, contient l’ardeur des rayons du soleil, protège de la sécheresse de l’air et conserve les corps hydratés. les cheveux sont tressés et badigeonnés de terre, le buste reste nu paré de nombreux colliers, les poignets sont cerclés de bracelets faits de cuir et de perles. seuls apparats d’une société matriarcale dont l’unique richesse réside dans son bétail, transmis d’une génération à l’autre entre mère et fille.
le village de terre et de boue émerge des sols dépassant à peine l’arbrisseau le plus haut, protégé par un enclos fait de minces branchages. fragiles constructions et dérisoires armes d’une ethnie minoritaire plus maître de son destin et confronté aux assauts d’une fièvre commerciale ayant planté ses banderilles au cœur du kaokoland. "himba la rouge" reste dubitative et pensive quant au sort que lui réserve l'avenir. de tradition pastorale, son esprit peu guerrier la laisse démunie et sans réelle défense. elle reste la femme résistante ; mais résister à qui et pour combien de temps ? les guerres commerciales ne revêtent pas les attributs des peuples guerriers. pas de lance à brandir ni bouclier au poing. pas de cri rageur ni de couleur au front. les guerres commerciales pénètrent les esprits par les ondes poussées par vent et média. les ravages viennent de l’intérieur et détruisent les barrières culturelles de chaque individu. les conflits le pousse à rompre avec ses traditions pour en faire un consommateur à l’addiction prononcée. les conséquences en sont irréversibles, elles entraînent à court terme la disparition d'une partie du patrimoine de l'humanité. les "himba" en conscience font appel à notre bienveillance... ne les décevons pas !
| Retrouvez l'oeuvre: Himba la rouge de l'artiste Pascal Lamy-rousseau sous le thème: Art et afrique et dans le catalogue de sa galerie d'art. |  |
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